Ils sont parmi nous

Derrière ces hauts murs, si cachée mais si présente, une forme froide et rigide nous regarde. Aucun mouvement ne semble échapper à ses yeux panoptiques, sous cette tête hydrocéphale lourdement jetée vers le ciel.

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Lui, pourtant, a su tromper sa vigilance. Difforme et improbable, sorti d'un conte aux accents non-euclidiens ou d'un vieux comics bicolore, seul un extra-terrestre ricanant pouvait exprimer ainsi son défi dans la langue de Shakespeare.

Passion escaliers

Les escaliers, encore. J'avais bien dit qu'on y revient (presque) toujours. Symétries et asymétries jouent dans cette ambiance désincarnée et utilitaire aux couleurs incertaines. On reconnait bien là la magie de l'architecture hospitalière.

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Mais qu'importe le lieu, pourvu qu'on ait le vertige. L'espoir de cette lumière vaine, au terme d'une ascension sourde, suffit à la photo du jour — le nez en l'air, humant les relents inquiétants des couloirs angoissés.

Retour en terre inconnue

Séquence nostalgie. J'aime revenir dans mon univers d'avant. Ma ville. C'est un peu de nouveauté à bon compte et l'occasion de porter un regard presque neuf sur un paysage que je connais trop et trop peu.

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Ce matin il pleuvait entre deux éclaircies. Mon temps de mars préféré, avec un peu d'avance. Temps de giboulées et temps de travail, à peine de quoi faire un petit snapshot en passant dans ce grand couloir de verre au-dessus des toits.

Comme au cinéma

Les photos de famille sont bien sûr un élément majeur dans les snapshots de tout un chacun. C'est ce qu'on appelle communément les photos de Tata Ginette. Je n'échappe pas à cette règle, sans trop étaler la famille sur le Web. Et pourtant…

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La photo est juste prise dans la pénombre avec un déguisement entre Dark Vador et Spiderman. Je suis sûr qu'on a vu pire sur certaines affiches des blockbusters moisis qui nous truffent de super-héros en carton à longueur d'année.

Hyperborée

Ici, l'hiver dure plus de six mois. Nous sommes loin du cercle polaire, mais en gros le froid attaque en octobre et ne lâche pratiquement rien jusqu'en avril. Bien sûr, c'est un froid inutile, sans neige. Sauf aujourd'hui : trois flocons, enfin.

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On va s'en contenter, en espérant qu'ils tiennent, et aller écouter le bruit des bottes qui crissent dans la neige, se rosir les joues en lançant des boules de neige et regarder le paysage qui, à perte de vue, a retrouvé un air de début du monde.

Reliefs du voyage

Le soleil radieux, dans sa timidité matinale, darde ses premiers rayons dorés sur un Paris calme et enjôleur, aux rues claires et fraiches. Le train glisse là, doucement, sur ses rails brillants, chuchotant sa géométrie aux oreilles endormies.

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Ou bien peut-être que je suis juste un peu rêveur, dans ce train qui me porte au-dessus de boulevards mornes, sous un ciel encore chargé d'humidité, à regarder les banlieusards et les parigots se disputer la primeur du prochain feu rouge.

Dans un coin

Comme beaucoup de photographes, j'aime assez la géométrie en tous angles de ces coins à marches, avec leurs rambardes, leurs murs à vif et leurs vertiges. Les angles et les matières sont un terrain de jeu inépuisable.

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Là, tout semblerait presque n'être qu'ordre et beauté, parfois luxe, souvent calme et, pourquoi pas, quelque peu volupté. Je lève la tête, je vois ces contrastes, ces matières, ces ombres, cet instant.

Portrait lumineux

Totalement impromptu, totalement spontané, levé du bon pied après une nuit sereine et une soirée aux réminiscences adolescentes, il se tient précisément sous la lumière. Fait exprès, mais sans le vouloir sans doute.

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Alors je lève un oeil, je m'exclame, il ferme les yeux et je déclenche. Je suis très content de cette photo de Claude. C'est un ami cher, un photographe un peu cubique, et ce matin un portrait réussi.